« J’admire que dans ses gravures, Viard nous livre l’autre face de lui-même : l’intériorité de son geste – le non visible de l’iceberg – et qu’après avoir dominé la laine, il règne sur l’acide et le métal, ou la pierre. Ce qui était élan en tapisserie devient alors minutie, et nous passons de l’infiniment grand au macrocosme, de la ligne d’horizon à la mouche, de la tache à la précision arachnéenne de l’élytre. Avec un œil-loupe, Viard regarde vivre l’insecte et son oreille attentive capte les secondes. Il dessine l’intérieur d’une montre avec le sens du mystère que la nature met à composer l’intérieur d’une noix.
Il est bien qu’un artiste nous invite à pénétrer dans les arcanes de son sens créateur. Viard nous fait voyager entre les pôles de la connaissance, des grands rythmes du monde à la délectation macroscopique. Il nous montre aussi, comment la sensibilité frémissante d’un artiste, soumise à l’intelligence, trouve ses voies secrètes pour s’accomplir complètement et que les chemins mystérieux de la création, magnifiés par les disciplines de l’art, sont ceux de la vérité la plus profonde. »
André PARINAUD
Biographie
Issu d’une famille d’entrepreneurs de la région parisienne, Jean-Louis Viard fait ses études secondaires au lycée Henri-IV. Il copie les tableaux des maîtres (Vermeer, Rubens, Rembrandt) et fait des pastels et des tableaux de petits formats.
Il entre en 1938 à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et suit des cours du soir à la ville de Paris. Peintre abstrait et graveur, Jean-Louis Viard s’oriente vers la tapisserie. Il obtient le second grand prix de Rome de gravure en taille douce de 1942.
Il fait la connaissance d’Odile Raymond, artiste peintre et professeur de dessin, qu’il épouse en 1943. De cette union naîtra un fils, Rémy Viard, qui deviendra architecte-urbaniste, et lui succédera comme président de l’Association des locataires Montmartre aux artistes (ALMA). Ils ont tous les deux un atelier parisien à la cité Montmartre-aux-artistes, au no 189 de la rue Ordener depuis 19431.
Jean-Louis Viard commence par faire des illustrations pour des ouvrages littéraires. Boursier de la ville de Paris, il est lauréat de la Casa de Velàsquez en 1951 et retrouve à Madrid en Espagne les autres lauréats de la 22e promotion artistique qui resteront des amis tout au long de leur vie2 Il y rencontre quelques autres artistes comme André Pédoussaut qui termine sa deuxième année, le sculpteur Georges Nadal et le graveur Granier membre de l’Institut.
Rentré en France il devient professeur de dessin de la ville de Paris de 1951 à 1989 où il enseigne dans de nombreux établissements scolaires en fonction des vacations distribuées par l’Inspection d’académie. Il remporte plusieurs prix de gravure et de tapisserie, et devient responsable de la section tapisserie au Salon Comparaisons, il est également maître de conférences de dessin à l’École polytechnique, directeur des cours du soir de dessin pour adultes, rue Lepic à Paris. Le soir, il allait dîner avec le massier de ses cours Gérard Puel, qui lui fit découvrir le « vrai » Montmartre. Pierre Risch sera un de ses élèves de 1965 à 1970, leur amitié durera jusqu’à la mort de Viard en 2009.
Jean-Louis Viard réalise bon nombre d’expositions en France et à l’étranger et figure dans de nombreux musées. Il exécute des fresques monumentales pour des écoles à Paris et en Bretagne.
Il est également chargé de la conservation du patrimoine culturel pictural et sculptural de l’État réalisé dans le cadre du 1 % artistique en étant un des premiers, avec ses amis Paul Collomb et Marcelle Deloron-Joyet, Frédéric Back, Jeanne Baglin, entre autres, à lutter pour la restauration et la préservation des fresques peintes par leur condisciple Geoffroy Dauvergne.
Œuvres
Estampes
- Le Pont, gravure
- Le regard de l’espion, 1986, eau-forte
- Auto stop, 1987, eau-forte
- Week-end, 1987, eau-forte
- Angoisses, 1987, eau-forte
- Grande Bouffe, 1987, eau-forte
- Les sentiers du silence, 1992, eau-forte
- Nos vestiges, 1995, eau-forte
- La Pensée, eau-forte
- Nacelles blanches, eau-forte
Illustrations
- Voltaire,Les Petits comtes, présentés par André Billy, 52 eaux-fortes sur cuivre, Éditions nationales, 1945
- Baudelaire,Les Paradis Artificiels, Éditions du Panthéon, Paris, 1945
- Chritisne Garnier,Éléonore jusqu’où voient mes yeux, Éditions de la Nouvelle France, Collection Chamois, n°16, 1946
- Paul Vialar,Une Ombre, Éditions de la Nouvelle France, 1946
- Alfred de Musset,Confessions d’un Enfant du Siècle, Éditions du Vieux Monaco, 1947
- Charles-Louis Philippe,Le Père Perdrix, Éditions Stock, 1948
- Marie-Claire Bancquart,Abécédaire, Éditions Manière Noire, 1998
Tapisseries
- Gap(Hautes-Alpes), casernement de Belle-Aureille : Neige, Fleurs du Soleil, 1982, réalisé dans le cadre du 1 % artistique
- Compiègne(Oise), collège de Lassigny : Turbulences, 1998, commande du conseil général de l’Oise
Peintures décoratives
- Paris, école de jeunes filles, rue Gustave-Zédé :Jeux, 1959-1960, peinture murale marouflée
- Lanester(Morbihan), école primaire et maternelles : décorations murales
- Les Clayes-sous-Bois: étude de polychromie pour la réalisation d’un hameau de 92 maisons (structure bois), 1993
Prix
Expositions
- 1964: Sadarapat/ Erivan (Arménie) exposition organisée par la galerie La Demeure
- 1965: château de Sceaux (Hauts-de-Seine) ; Berlin [R.D.A) Intergrafik-gravures) 1967, 1970, 1987
- Galerie des arts, tapisseries, avec le sculpteur Ilio Signori, 1967
- Paris,Bibliothèque nationale de France, 1967
- 1967: Dammarie-les-Lys (tapisseries, gravures et dessins) avec le peintre Cl Cléro
- 1968: hôtel de Sens à Paris (tapisseries)
- 1968,1995 : Bibliothèque nationale de France (gravures, dépôt légal)
- 1969et 1980 : musée de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) (gravures et tapisseries) et Tapisseries et Poésies, poèmes d’Antonio Machado, organisée par la galerie La Demeure
- 1970: Mussidan, avec le sculpteur Collamarini
- 1971,1983 : musée du Havre, (Seine-Maritime) (tapisseries) organisée par la galerie la Demeure
- 1971,1983 : musée de Bayeux (gravures) tous les ans jusqu’en 1983, puis reprise en 1986, 1987, puis en 1989 et 1990
- 1972: Rouen (tapisseries et gravures) ; Pontoise (Oise) et Salers (tapisseries)
- 1972: Montréal (Canada), exposition organisée par la galerie La Demeure
- 1974: Hardelot et Paray-le-Monial (tapisseries), Ibiza en Espagne (gravures)
- 1975: Esse/Confolens, Le Logis du Beau (tapisseries)
- Galerie l’Atelier,Écluzelles, tapisseries, 1976
- 1976,1994 : UNESCO, Paris (tapisseries) ; établissements Stafor à Paris avec le peintre et cartonnier M.Fochler (tapisseries)
- 1977: château de Chenonceau (Indre-et-Loire) (tapisseries) ; Orly Aéroport, avec les peintres M. Savage, le peintre cartonnier M. Fochler (tapisseries)
- 1978: musée de Cherbourg (gravures) ; États-Unis (tapisseries) ; Nevers à la chapelle Sainte Marie (tapisseries) ; Bagnolet, Maison pour tous, avec Fochler
- Galerie l’Art et la Paix,Marans, tapisseries et gravures, 1979
- Bayeux,musée Baron Gérard, Atelier Lacourière-Frélaut, 1979
- 1979: musée d’art moderne, Paris, Atelier La Courrière-Frélaut, gravures
- 1980: château de Culan (Cher) (tapisseries) organisée par la galerie La Demeure
- 1981: Palais des Papes à Avignon (Vaucluse) (tapisseries) ; Albi (Tarn) au musée Toulouse-Lautrec, avec les peintres J.M. Savage et M. Fochler (tapisseries)
- Galerie Racine, Paris, tapisseries, avec le sculpteurBenoît Luyckx, 1982
- 1982: château de Puyguilhem (tapisseries)
- 1982: musée de l’abbaye de Fontevraud (tapisseries) organisée par la galerie La Demeure ; Amiens, Crédit agricole (tapisseries et gravures) ; Trappes, festival du livre (tapisseries et gravures) ; École polytechnique à Palaiseau (tapisseries et gravures)
- 1983: Vancouver (Canada) (tapisseries) ; mairie de Villejuif (gravures)
- 1984: château de Bourdeilles (gravures) ; Saint-Savin sur Gartempe (tapisseries) ; Malakoff (Hauts-de-Seine) (tapisseries et gravures) ; Paris hôtel Astra (gravures)
- 1985: château de Vaux-le-Pénil (gravures)
- Galerie Alexandra Monett,Bruxelles (Belgique), gravures, avec le peintre Michel Fochler, 1985
- GalerieBernheim Jeune, Paris, tapisseries, 1985
- Ermont, 1985-1990
- 1986: Versailles ; Les Ulis ; Clichy (tapisseries)
- 1988: exposition itinérante : Ablon, Bry-sur-Marne, Paray-Vielle-Poste, Vincennes, Villeneuve-Saint-Georges
- 1989: La Villedieu (gravures) ; Villeneuve-sur-Lot (tapisseries) ; Palais des Rois de Majorque à Perpignan (tapisseries) ; Albi, musée Toulouse-Lautrec avec les peintres Yves Jobert et Maurice A. Portal (gravures)
- 1990: Nairobi (Kenya) et Bujumbura (Burundi) (tapisseries)
- Chamalières, 1991
- 1991: musée du Cardinal Fleury à Lodève (tapisseries et gravures) ; Fontenay-sous-Bois Dialogue 91 (gravures) ; Saint-Germain-en-Laye, Apocalypses (tapisseries)
- 1992: Granville (Normandie), centenaire de la naissance de Jean Lurçat (tapisseries)
- Galerie Hollar,Prague, gravures, 1994
- Galerie Les Lumières,Nanterre, tapisseries et gravures, 1994
- 1994: château de Spontin à Namur en (Belgique) ; Bagnolet, bibliothèque H.Vaysse (gravures et tapisseries) avec H. Fochler
- 1996: La Verrière, Le Scarabée (tapisseries et gravures)
- 1997: Brive au Théâtre, Objets d’artistes (tapisseries)
- Galerie de laFondation Taylor, Paris, 2003
- Galerie des Arches, Paris,Rétrospective Viard, 2004
Salons
Jean-Louis Viard expose dans différents Salons dès 1942, avec une participation plus ou moins régulière.
Collections publiques
En Espagne
En France
Bibliographie
- Dictionnaire Bénézit
- André Roussard,Dictionnaire des peintres à Montmartre, 1999, 581.
- Gérard Denizeau,Denise Majorel, une vie pour la tapisserie, Aubusson, éditions du Musée, 2007
- Guy Vinoht,La Jeune Peinture, éditions BPC Collection Terre des Peintres
- Marie-Jeanine Solvit,La Gravure Contemporaine, Le Temps Apprivoisé
- Valentine Fougère,Tapisserie de notre temps, éditions l’Œil du Temps, Paris, 1967
- Madeleine Jarry,Tapisserie Art du xxe siècle, Fribourg, Office du livre, 1974
- Artistes de Montmartre, éditions Roussard
- Brigitte Camus,Viard , catalogue de l’exposition d’avril 2004 à la galerie des Arches à Paris
- Alain Valtat,Catalogue raisonné du peintre Geoffroy Dauvergne (1922-1977), préface de René Quillivic, introduction de Mickaël Compagnion, éditions Levana, Sceaux, 1996, 483.p.